Comment relever les défis de l’industrie de demain ? (article de Fatma-Pia Hotait)


Digitalisation, infobésité, modernisation. Ce sont des termes courants, mais que signifient‐ils vraiment pour l’industrie du futur et quels défis se cachent derrière ces concepts? Le CFALOR a organisé une rencontre entre université et entreprises franco-­allemandes pour tenter de répondre à ces questions.

Industrie du futur. Si on interroge les jeunes, ce terme est souvent vague et difficile à définir. Pourtant, 18% des emplois dans le Grand-­Est se développent dans le secteur industriel. Pour élucider la question avec des professionnels directement touchés par l’Industrie dite “4.0”, le CFALOR a organisé une rencontre entre entreprises et étudiants. La journée s’est déroulée le 18 octobre 2016 à l’Hôtel de Région de Metz. Entrepreneurs allemands et français se sont succédés au tour de cinq tables rondes qui balayaient un camaïeu important d’aspects relatif au sujet de la digitalisation des organisations.

La première partie de la journée s’est concentrée sur un aspect pratique. Plusieurs représentants de grandes firmes étaient présents. Thyssen-­Krupp, qui a reçu la visite du Président François Hollande récemment à Florange, mais aussi Siemens, ou Dassault Systèmes étaient au rendez‐vous. À leurs côtés, des acteurs tout aussi fondamentaux pour l’économie régionale, comme le DFKI de Saarbrücken et de Kaiserslautern ou le centre de recherche pour la méchatronique et l’automatisation ZeMA. L’objectif de ces débats était de trouver des réponses à des problèmes et des défis cruciaux posés par le monde du travail de notre époque. Les thèmes de l’offre technologique et des perspectives d’avenir ont ainsi été abordés, tout comme la digitalisation des organisations et la réflexion des laboratoires de recherche.

D’ici 2020, “on attend près de vingt millions d’objets connectés dans le monde, soit un volume de données multiplié par dix”. C’est ce qu’explique Philippe Metzentlin, pecponsable des opérations de l’association MEDeTIC, qui propose aux Français des solutions pour vieillir à domicile grâce à la domotique, ou concept de “maison connectée”. Si 90% des Français, il est préférable de vieillir à domicile plutôt que d’intégrer une maison de retraite, selon un sondage OpinionWay de 2012, 80% des appareils connectés présentent de potentielles failles de sécurité, précise Mr Metzenthin. L’Industrie du futur va devoir être en mesure d’apporter des solutions.

Parce que c’est l’Homme qui fait l’industrie, les dernières tables rondes se sont concentrées sur des questions plus humaines. Ainsi, le thème de la place de l’homme dans les organisations à forte valeur ajoutée numérique, telle que la robotique, a été abordé. La table ronde était animée par plusieurs experts, dont le Dr. Matthias Vette, de la ZeMA, dont les employés sont au contact permanent de robots. “Est-­ce l’économie des hommes ou les hommes de l’économie?” soulevait Eugen Roth, du DGB Rheinland Pfalz‐Saarland. Aujourd’hui déjà, on assiste à un phénomène dit d’infobésité, fait de mails à répétitions et de connexion permanente. Là encore, ca sera aux hommes et aux femmes de l’Industrie 4.0 devront vivre avec une présence de robots et de numérique de plus en plus importante.

Pour soutenir et renforcer l’industrie régionale, la région Grand-­Est a développé le plan régional “Usine du futur”, qui vise à accompagner 150 grandes entreprises dans leur modernisation en prenant en charge les frais d’un diagnostic et propose ensuite des solutions. Ce plan doit permettre aux entreprises industrielles de “transformer leurs sites de production en unités plus intelligentes, plus flexibles, plus connectées et respectueuses de leur environnement.” Une promesse ambitieuse pour l’Industrie du futur.

 

Fatma-Pia Hotait
Journaliste

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L’évènement organisé par le CFALOR a été soutenu par la Région Grand Est, la Bundesagentur für Arbeit, l’OFAJ, le CEGIL, le Goethe Institut, l’Uni-­Gr, le Pôle France, et l’IAE de Metz. Sans oublier l’Université Franco‐allemande (UFA‐DFH), l’Université de la Grande Région, et l’Université de Lorraine.